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jeudi 30 avril 2015

Coulisses d'un roman...

Dans trois semaines sortira mon dernier roman, Voltaire, Ecraser l'infâme, aux éditions Oskar.

 Je vous propose de découvrir les coulisses du roman et un effroyable secret!

Tout d'abord...de quoi parle ce bouquin?
D'infamie, évidemment.

J'ai choisi de centrer la narration sur l'affaire du Chevalier de La Barre.
 Un jeune homme dont la vie est devenue un symbole de la liberté de penser, tout autant que de l'intolérance. Il n''a pas encore 20 ans, vient de perdre son père, vit avec sa cousine, une abbesse qui tient salon dans une ville où les amusements semblent cruellement manquer.
Il y a de Madame Bovary dans l'Affaire du chevalier de La barre, des langueurs provinciales et l'ennui en toile de fond.
(sur la photo, il a ce petit air rebelle qui donne envie d'écrire sa vie...en vrai..je ne sais pas trop)


Le jeune homme est cynique, diablement libre pour les autres, illettré et sans intérêt diront les plus pointilleux. Il est vrai qu'en fouillant la vie du chevalier, on découvre que cet homme dont le destin  est tout à fait romanesque n'avait finalement peut-être pas toutes les qualités qu'on lui prête...

Parlons donc de la version romancée qui fait office de vérité dans les écoles : le jeune homme est accusé d'avoir entaillé à l'arme blanche un crucifix à Abbeville.
L'affaire fait grand bruit. Il tente de fuir comme son présumé complice. Mais voilà; il est arrêté, emprisonné, torturé , brûlé, or, il n'avait rien fait. Sombre époque...qui rappelle l'Inquisition ou des groupuscules fanatiques errant dans de lointains continents..

L'affaire du chevalier de La Barre a indigné les intellectuels des Lumières, Voltaire en tête..qui  était mis en cause dans cette histoire. Le chevalier possédait le Dictionnaire portatif...

Me voici donc face à cette histoire en train de mener l'enquête. (l'écrivaillon devient parfois détective, je vous reparlerai tantôt d'une histoire qui a occupé mes jours et mes nuits pendant quelques années...). Plusieurs questions me taraudent: le Chevalier de La Barre est-il coupable? De quoi, d'ailleurs? Qui a vraiment entaillé le crucifix? Son meilleur ami? Des notables?  Pourquoi lui?

Et plus égoïstement (faut bien écrire le livre, tout de même), comment faire pour que Voltaire soit sur place (alors qu'il habite en Suisse) et  comment faire pour que les lecteurs ne s'ennuient pas comme des rats morts à la lecture de ma barbante prose.

De fil en aiguille, je fais une divine découverte:
Voltaire correspondait avec sa nièce qui habite Abbeville et voilà que s'effondre la version officielle de Voltaire apprenant l'affaire du Chevalier de La Barre sur le tard...ne pouvant s'impliquer dans la défense de ce jeune innocent avant sa mort....
Et si?
Et si, finalement Voltaire avait su avant......S'il avait eu peur...........si finalement, Voltaire avait tenté  d'aider ce malheureux jeune homme.......s'il avait écrit à sa nièce, s'il avait correspondu avec son amie, l'abbesse et cousine du jeune chevalier....
Et bien, si..........tout cela, l'histoire se serait passée comme dans mon roman.

La faute à Voltaire


 

mardi 28 avril 2015

Argos....et sa vie de chien

Je me suis toujours demandé quelle avait été la vie d'Argos, le chien d'Ulysse. Il est le seul à reconnaître son maître à son retour après son Odyssée.

Ulysse verse une larme en voyant son chien allongé sur un tas de fumier, couvert de tiques.
Je me suis souvent demandé ce qu'il avait fait Argos pendant qu'Ulysse parcourait le monde..se perdait dans des contrées inconnues, au milieu de nulle part...
Du coup, j'ai écrit la vie de ce chien...peut-être d'ailleurs que ça n'intéressera personne la vie d'Ulysse et l'Odyssée plate d'un chien qui n'a pas rencontré de sirènes, pas combattu de Cyclope, qui a attendu en rêvant.
Mais j'avais envie de raconter l'Odyssée vue à travers les yeux d'Argos.

En attendant de lire mon petit texte, voici la source...l'extrait de l'Odyssée, où l'on dit  cela:
"Ulysse reconnu par son chien" (XVII, 290- 327)

Il y avait là un chien couché, qui dressa la tête et les oreilles; c'était Argos, le chien du patient Ulysse, qu'il avait nourri de ses mains, et dont il n'avait pu jouir; il partit trop tôt pour la sainte Ilios. Auparavant, les jeunes gens l'emmenaient contre les chèvres sauvages, les daims et les lièvres. Mais depuis le départ du maître il gisait sans soins, devant la porte, sur un tas de fumier des mulets et des boeufs, où les serviteurs d'Ulysse venaient prendre de quoi fumer le grand domaine. Là donc était couché le chien Argos tout couvert de poux. Alors, quand il reconnut Ulysse qui était près de lui, il agita la queue et laissa retomber ses deux oreilles; mais il n'eut pas la force de venir plus près de son maître. Celui-ci, à sa vue, se tourna pour essuyer une larme, qu'il lui fut facile de cacher à Eumée, et il se hâta de lui poser cette question : « Eumée, voilà qui est étrange, un pareil chien sur le fumier; il a un beau corps; mais je ne puis savoir si sa vitesse à la course égalait sa beauté, ou s'il n'était qu'un de ces chiens de luxe nourris à la maison et que les grands entretiennent pour la montre. » Tu lui dis en réponse, porcher Eumée : « C'est le chien d'un homme qui est mort au loin. S'il était tel pour le corps, pour l'ardeur, qu'au moment du départ d'Ulysse pour la Troade, tu admirerais aussitôt sa vitesse et sa fougue. Dans les profondeurs de l'épaisse forêt, point de gibier qui échappât à sa poursuite : quel flair il avait pour trouver la piste ! Il est sans forces à présent; son maître a péri hors de sa patrie, et les femmes négligentes ne lui donnent plus de soins. Les serviteurs, dès que les maîtres ne les commandent plus, ne veulent plus faire leur travail. Zeus dont la voix s'entend au loin retire la moitié de sa valeur à l'homme que saisit le jour de l'esclavage. » Ayant ainsi parlé, il entra dans la spacieuse demeure; il alla droit dans la grand'salle se mêler aux nobles prétendants. Quant au chien Argos, la noire mort le prit dès qu'il eut revu son maître après vingt années.


Il ressemble à cela ce vieil Argos qui meurt en retrouvant son maître:


samedi 4 avril 2015

Lire quel plaisir...

Je viens de passer quelques jours au coeur des Hauts de Massane, le quartier de la paillade à Montpellier dans le cadre d'un beau festival autour de la lecture qui se nomme "Lire quel plaisir".

Aux hauts de Massane, l'horizon est haut parce que les bâtiments sont grands et que les petits habitent dedans.
 J'étais jamais rentrée dans le quartier et j'ai eu bien du mal  à en repartir.

Parce que ces petits-là, ils m'ont récité des fables de La Fontaine, (ils avaient lu Encore des Fables pour réfléchir), ils ont même chanté des fables de la Fontaine, oui oui, et même que c'était beau.
Ils ont fouillé dans leurs souvenirs autour de Renardot et le souvenir volé, d'autres s'étaient promenés dans la banquise avec Nanou mon mammouth, certains ont cherché les coeurs perdus dans Coeur de hibou, les grands ont fait de la philo ballon au pied avec les Histoires de foot pour réfléchir et on a parlé honneur, résistance et égalité. Les plus circassiens ont dévoré Célestin rêve et ont suivi le fil, les plus courageux ont lu l'histoire de la terrible ogresse....Babau!

Des petits (et des grands)  qui donnent sens à tout ce qu'on écrit et pour lesquels je suis heureuse d'écrire!

 Pour moi aussi c'était une promenade dans l'enfance. Et dans ce qui fait le coeur de notre métier.
 Merci à eux,
aux enseignants qui font un travail extraordinaire
et à Aïcha Baghdad et à Sylvie Julien qui organisent cette manifestation avec la générosité qui est la leur.


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