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mardi 31 octobre 2017

La littérature jeunesse entre à la Sorbonne aussi

Me voilà repartie sur les bancs de la Sorbonne, cette fois, pas pour y écouter des leçons de philosophie, mais pour y parler littérature jeunesse.
C'est émouvant de voir des universitaires prêter attention à la prose sans prétention que nous incarnons avec passion...et sans grande considération d'ordinaire. 
Je viendrai donc parler avec grand plaisir de Mon cher Molière, paru aux éditions Bulles de savon. 
Un livre que je suis ravie d'avoir écrit pour une si belle maison d'édition. 
Merci à Bénédicte Louvat-Molozay qui m'a invitée à la rejoindre à ce colloque. 



Voici le programme: 

Mercredi 8 novembre ! Amphi Liard 
10h00 Ouverture Molière vu par les biographes et les anecdotes Présidence de séance : Emmanuel Bury 
10h10 Georges Forestier (Université Paris-Sorbonne) Si Molière m'était conté… de son vivant 
10h30 Laurence Macé (Université de Rouen) Avec approbation et privilège du Roi : écrire la Vie de Molière sous le regard de la censure Présidence de séance : Karine Abiven 
11h30 Jean-Yves Vialleton (Université Grenoble Alpes) La nourriture des morts : de Molière à Bergotte 
 11h50 Hélène Thil (Université Paris-Sorbonne) Le motif du chariot dans la représentation littéraire de la troupe de Molière 

 Molière pour la jeunesse Présidence de séance : Martine Jey 
14h30 Bénédicte Louvat-Molozay (Université Toulouse – Jean Jaurès) Les romans de monsieur de Molière : variations et invariants dans les romans à destination de la jeunesse 
 14h50 Rencontre avec Isabelle Wlodarczyk à propos de son ouvrage Mon cher Molière (éditions Bulles de Savon, 2017), animée par Bénédicte Louvat-Molozay 15h20 Fiorella di Stefano (Università per Stranieri di Siena) Molière en petit : théâtre et fictions de jeunesse dans Louison et Monsieur Molière de Marie-Christine Helgerson (2001) Rencontre avec Éric Ruf et Agathe Sanjuan 

16h40 Rencontre avec Éric Ruf (comédien et metteur en scène, administrateur général de la Comédie-Française) et Agathe Sanjuan (conservatrice-archiviste à la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française), animée par Georges Forestier

mercredi 25 octobre 2017

L'arbre aux fruits amers - deuxième édition

L'arbre aux fruits amers vient de sortir dans une nouvelle édition. Cet ouvrage sorti en 2012 connaît donc une seconde vie, avec des petits remaniements dans le texte, souvent nourris par les remarques des enfants rencontrés dans les collèges et lycées.
Ce livre raconte l'histoire de James Cameron, un homme lynché dans les années trente aux Etats-unis, au temps de la ségrégation. Ce fait divers a inspiré la fameuse chanson Strange fruit, interprétée notamment par Billie Holiday et Nina Simone. Et depuis cinq années, je ne me lasse pas de le raconter aux adolescents...


vendredi 13 octobre 2017

Le retour des poilus en tenue de camouflage

Me revoici parmi l'équipe (formidable ) de profs et documentaliste de Gignac pour faire écrire à nouveau les élèves de troisièmes sur les poilus. Ce projet initié en 2014 se poursuit jusqu'en 2018 et cette année, nous avons choisi de travailler sur l'histoire du camouflage à travers l'histoire d'un peintre qui a vécu à Montpellier et qui est parti au front. Nous continuons à faire écrire deux classes, nous sommes toute une petite équipe et réalisons un roman graphique constitué de papiers découpés à l'image du cubisme. Les peintres ont eu un rôle dans le camouflage pendant la première guerre mondiale.
Pour plus d'infos: sur le camouflage


Moment de grâces rares dans les ateliers d'écriture, je vois des enfants commencer à aimer ce qu'ils écrivent et je vous en livre le début.
Je me souviens de ma mère aux cheveux bouclés et de sa peau qui sentait la cannelle.
De mon cousin à qui je rendais visite par les jours d’orage. De ces jeux de guerre avec les copains sans que nous n’ayons jamais eu l’idée de ce que cela pouvait vraiment être. De mon cerceau,il tombait, celui de ma sœur roulait habilement entre ses doigts.
De cette fille aux longs cheveux couleur gingembre et aux grands yeux océan.
Des jours couleur de poussière.
Du tic-tac envoûtant de l’horloge en bois.

De l’odeur des bons points.
De mon ours blanc câlin.
Des disputes furieuses de mes parents.
Des billes offertes par mon père qui fusaient sur le parquet.

Je me souviens du coffre dans lequel je dissimulais mes premiers pots de peinture.

Mes talents de peintre, je les cachais sous mon lit : mes parents voulaient que je sois comme les autres.

Je me souviens de cette pièce là où avec mon cousin, tous les deux,on dessinait des tableaux à l’odeur de monde. Je n’avais pas encore de pinceau, mais ça ne m’empêchait pas de dessiner des formes avec mes doigts couverts de peinture.
Des tableaux accrochés aux murs de la chambre de mes parents. Il y avait ce moulin dont je faisais toujours tourner les roues dans ma tête.
De l’odeur de ma première palette
Depuis ma fenêtre, j’avais dessiné une rue commerçante ; mais je l’avais peinte vide, sans vie. généralement, il y a toujours une foule de monde se ruant dans les boutiques, très pressés. Là, rien. Les boutiques étaient vides et les magasins fermés.

Mon père collectionnait les œuvres d’art. Il ne m’a jamais offert de toile. A dix-huit, il m’a légué un pistolet. Il savait peut-être de quoi serait fait le monde. Car la guerre murmurait déjà et je ne l’entendais pas.


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