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vendredi 13 octobre 2017

Le retour des poilus en tenue de camouflage

Me revoici parmi l'équipe (formidable ) de profs et documentaliste de Gignac pour faire écrire à nouveau les élèves de troisièmes sur les poilus. Ce projet initié en 2014 se poursuit jusqu'en 2018 et cette année, nous avons choisi de travailler sur l'histoire du camouflage à travers l'histoire d'un peintre qui a vécu à Montpellier et qui est parti au front. Nous continuons à faire écrire deux classes, nous sommes toute une petite équipe et réalisons un roman graphique constitué de papiers découpés à l'image du cubisme. Les peintres ont eu un rôle dans le camouflage pendant la première guerre mondiale.
Pour plus d'infos: sur le camouflage


Moment de grâces rares dans les ateliers d'écriture, je vois des enfants commencer à aimer ce qu'ils écrivent et je vous en livre le début.
Je me souviens de ma mère aux cheveux bouclés et de sa peau qui sentait la cannelle.
De mon cousin à qui je rendais visite par les jours d’orage. De ces jeux de guerre avec les copains sans que nous n’ayons jamais eu l’idée de ce que cela pouvait vraiment être. De mon cerceau,il tombait, celui de ma sœur roulait habilement entre ses doigts.
De cette fille aux longs cheveux couleur gingembre et aux grands yeux océan.
Des jours couleur de poussière.
Du tic-tac envoûtant de l’horloge en bois.

De l’odeur des bons points.
De mon ours blanc câlin.
Des disputes furieuses de mes parents.
Des billes offertes par mon père qui fusaient sur le parquet.

Je me souviens du coffre dans lequel je dissimulais mes premiers pots de peinture.

Mes talents de peintre, je les cachais sous mon lit : mes parents voulaient que je sois comme les autres.

Je me souviens de cette pièce là où avec mon cousin, tous les deux,on dessinait des tableaux à l’odeur de monde. Je n’avais pas encore de pinceau, mais ça ne m’empêchait pas de dessiner des formes avec mes doigts couverts de peinture.
Des tableaux accrochés aux murs de la chambre de mes parents. Il y avait ce moulin dont je faisais toujours tourner les roues dans ma tête.
De l’odeur de ma première palette
Depuis ma fenêtre, j’avais dessiné une rue commerçante ; mais je l’avais peinte vide, sans vie. généralement, il y a toujours une foule de monde se ruant dans les boutiques, très pressés. Là, rien. Les boutiques étaient vides et les magasins fermés.

Mon père collectionnait les œuvres d’art. Il ne m’a jamais offert de toile. A dix-huit, il m’a légué un pistolet. Il savait peut-être de quoi serait fait le monde. Car la guerre murmurait déjà et je ne l’entendais pas.


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